Intervention du Parti Communiste au conseil municipal de la ville de Dunkerque 19/12/2008.

Intervention à la fin du conseil municipal de la ville de Dunkerque, le vendredi 19 décembre 2008

Par Salim DRAI, Adjoint au Maire délégué aux NTIC  Intervention sur le sujet des migrants vivant sur le dunkerquois….

Monsieur le Maire,

Mes Chers Collègues,

Nous les élus Communistes et Républicains de la majorité municipale, pensons que le sujet des migrants vivant sur le dunkerquois est plus qu’urgent.

Comme vous le savez, depuis quelques temps des communes comme Steenvoorde permettent d’accueillir la nuit dans une salle chauffée les populations migrantes afin de les protéger de la mort par grand froid. C’est un peu de dignité retrouvée pour ces migrants afin de faire sa toilette, s’habiller, et prendre un repas chaud et de repartir le matin pour une journée difficile pour ces hommes, ces femmes, ces enfants voir ces bébés et ces femmes enceintes. La presse locale du Calaisis relatait dans ces colonnes : « Le préfet du Pas-de-calais a déclenché  jeudi 11 décembre 2008 le plan grand froid pour quelques jours. Afin de mettre à l’abri les personnes qui vivent dehors. Le temps que les températures ressenties à l’extérieur soient supportables pour les sans abris ».

Si ce dispositif d'urgence est nécessaire, il n'en résout pas moins la détresse dans laquelle survivent plusieurs personnes migrantes sans abris, et aussi elles sont obligées de survivre majoritairement dans des conditions inhumaines sur notre littoral ; sur le Calaisis, à Steenvorde et alentours, mais aussi sur le Dunkerquois (à Loon-Plage, Grande-Synthe, et Teteghem).

Aussi le Président du Conseil Régional, a décidé, grâce à l’interpellation des conseillers régionaux communistes et républicains, de mettre à disposition des associations et des migrants l’ancien bâtiment du BCMO qui lui appartient désormais. Ce local est ouvert la nuit aux migrants depuis le 15 décembre. Nous proposons de faire de même sur le dunkerquois avec un lieu d’accueil pour la nuit.

Le bras de fer engagé entre les associations, les collectivités locales, et l’Etat intervient dans un contexte plutôt difficile sur fond de crise financière et sociale, et avec des conditions météos difficiles en cette période hivernales avec des températures de saison assez froides n’arrangeant pas la situation de ces populations.

Cette situation non résolues depuis plusieurs années prouvent le manque de volonté politique de la part du gouvernement afin de venir en aide aux plus démunis.

Je fais référence à la demande par courrier pour les dunkerquois qui a été faite il y a déjà presqu’un an par notre Député-Maire, à l’occasion des vœux du Président de la République à la préfecture de LILLE. Y a-t’il eu quelque chose de fait par l’Etat ? Nous ne pensons pas. Nous dirons plutôt : « Rien du tout ! ».

Et pourtant, toujours personne ne semble vouloir aider durablement les migrants ; les pouvoirs publics, les maires au premier chef, sont totalement absents ! Pour l’instant.

Mais nous gardons l’espoir d’un acte fort des municipalités du dunkerquois durant cette période de fêtes de fin d’année, qui est symboliquement un moment de solidarité partagée par tous.

Notre groupe est intervenu au dernier conseil communautaire sur le sujet des migrants vivant sur le dunkerquois. Interpellé par les associations du MRAP Dunkerquois et SOS Racisme, nous avons déclaré vouloir sensibiliser les élus communautaires du besoin d’une aide urgente à apporter à ces populations vivants dans des abris de fortunes et sans aucune hygiène.

Les élus ainsi que le Président ont répondu être solidaire.

Le courrier de la CUD interpellant l’Etat n’est pas suffisant selon nous. Nous ne pouvons en rester là ! Vu les conditions météos hivernales rudes dans notre région.

Ainsi, nous proposons d’organiser rapidement des réunions de pilotage avec les associations afin de venir en aide aux migrants réunissant tous les acteurs locaux et représentants de l’Etat en chef de file. Nous souhaitons dépasser les querelles de chapelles entre les communes et les partis politiques dans l’intérêt de ces hommes, ces femmes et ces enfants réfugiés sur le dunkerquois.

La Ville de Dunkerque ne peut pas faire l’économie d’une intervention à la limite de son territoire séparant Petite Synthe et Grande Synthe où se situe une partie des migrants répartis sur le dunkerquois.

Nous faisons remarquer que le Sous - Préfet représentant l’Etat sur l’arrondissement de Dunkerque, s’étant montré fort discret pour le moment, avait fait la promesse que les abris de fortunes installés sur le Dunkerquois ne seraient pas détruits. Résultat des courses, ce mardi 16 décembre LOON-PLAGE, les forces de police sont intervenues manu-militari en encerclant les réfugiés tels des gibiers traqués en les rabattant pour les diriger vers les véhicules servant à leur évacuation, et à grand renfort de bulldozer et de camion benne afin de bien détruire leurs abris fait de bâches en plastiques et de planches de bois.

Les élus Communistes et Républicains peuvent en témoigner puisque nous étions présents, et ces photos illustrent nos propos. (Distributions des photos aux élus)

D’après un responsable de la police, cette opération a été menée dans un but humanitaire afin de mettre ces populations bien au chaud.

A vrai dire l’on peut se demander de quel but, il voulait parler à part peut-être une rafle humanitaire. La destination des migrants était inconnue. Quand on sait comment ce gouvernement traite les immigrés, c'est-à-dire au KARCHER dans les quartiers. On peut s’attendre au pire pour les migrants dans les centres ou commissariats où ils ont certainement été emmenés pour être bien au chaud en cellule.

Nulle doute que pour les migrants encore libres pour l’instant, ils pourront encore ressentir l’âpreté des vents frais quelques semaines, voire quelques mois encore… Seul constat d’accord entre les différents protagonistes du dossier : la fermeture de Sangatte, en 2002, à grand renfort de tambours et trompettes par le ministre de l’intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy lui-même, risque de laisser les clandestins à fond de cale.

Car leur situation est devenue si catastrophique du fait de leur éparpillement dans la nature, que nous n’avons pas l’impression que cela se passe en France. Terre d’asile par excellence, une référence pour faire respecter les droits de l’homme n’est-ce pas ?

Toujours est-il que les migrants, eux, rasent le bitume à la recherche d’un lieu pour passer l’hiver.

Dans ce contexte douloureux, je n’oserai pas vous souhaiter de bonnes et joyeuses fêtes de fin d’année. Car j’irai avec le MRAP, SOS Racisme, et bien d’autres apporter un peu de réconfort à ces populations migrantes en leurs distribuant des vêtements et des denrées alimentaires pour qu’ils ne se sentent pas trop délaissées, et puissent passer des moments plus chaleureux humainement.

Nous les élus communistes et républicains de la liste majoritaire « L’avenir nous rassemble » nous vous interpellons, M. le Maire, et vous demandons d’agir tous ensemble au plus vite avant que nous ayons des regrets de ne pas l’avoir fait alors que des communes de droite le font..

Effaçons nos étiquettes de partis, cette situation est l’affaire de tous.

Je terminerai ainsi cette intervention par un passage d’une citation bien connue de Louis ARAGON :

« Quand les blés sont sous la grêle,
Fou qui fait le délicat,
Fou qui songe à ses querelles, »

Nous insistons sur le sujet car nous n’avons rien à perdre en aidant les associations en leur mettant à disposition un local d’accueil pour les migrants durant ces longues nuits d’hiver si froides.

Nous vous remercions pour votre attention à toutes et à tous.