Lettre ouverte du MRAP et Sos Racisme à M.Delebarre.

Publié le par zaibet


       

          Lettre ouverte


     à Monsieur le Président de la Communauté Urbaine de Dunkerque, Michel Delebarre.

                                                                 

           Prés de 300 réfugiés vivent dans la souffrance la plus totale et le dénuement le plus absolu dans notre agglomération.


         La fermeture du camp de Sangatte il y a six ans,  n’a en rien  résolu le problème des migrants, elle n’a fait que l’étaler du Calaisis vers le Dunkerquois, ainsi que vers la Flandre intérieure.


Aujourd’hui ces êtres en souffrance sont aidés par quelques associations qui tentent de leur apporter un minimum de réconfort  au quotidien.


Cependant cette aide associative  ne doit pas incombée au seul tissu associatif : le respect des droits de l’homme et la dignité humaine sont  l’affaire de tous.


La gravité de la situation humanitaire des réfugiés, a conduit le MRAP et SOS Racisme, ensemble, à porter la problématique des réfugiés auprès des principaux partis politiques de l’agglomération  afin qu’elle soit répercutée au niveau de la Communauté Urbaine de Dunkerque.


Parmi les partis politiques sollicités, seul le Parti Socialiste ( nous avions écrit seulement aux sections de Dunkerque et Grande-Synthe représentatives des 12 et 13e circonscriptions ) semble avoir « oublié » de répondre…


Nos contacts et échanges  avec les premières formations politiques rencontrées, soit le Parti Communiste Français, le Parti Anticapitaliste, les Verts, le MODEM, le Mouvement Républicain et Citoyen ont été très riches.


A l’issue de ces discussions, le constat est clair : d’une part chacun  s’accorde  sur l’urgence à agir ; d’autre part chacun estime nécessaire et indispensable le débat sur la présence des réfugiés  à la Communauté urbaine de Dunkerque.


Vous avez, Monsieur le Président, dans un courrier daté du 28 Novembre 2008, interpellé le sous préfet de Dunkerque sur la situation des refugiés.


Nous verrons les réponses qui seront apportées, mais nous avons du mal, dans nos deux associations, à attendre quoi que ce soit d’un gouvernement qui a créé un ministère de la Honte, d’un gouvernement qui a abandonné les élus locaux et les habitants devant cette urgence humanitaire.


Ces gens parlent  chiffres quand nous parlons  Droits de l’Homme, ils parlent  charters et obligation de résultats quand nous parlons Dignité.


Nous considérons à l’inverse qu’il est urgent de rendre un peu de dignité à ces hommes, femmes et enfants.


Comme vous l’avez indiqué dans le courrier cité plus avant, il ne serait ni sérieux  ni raisonnable d’envisager un Sangatte Bis sur le Dunkerquois, mais il est indispensable de penser aux moyens qui pourraient améliorer le quotidien humanitaire des réfugiés.

Aussi, des pistes doivent être explorées tel un accueil de jour axé sur l’hygiène et la santé, réparti sur plusieurs sites géographiques. Il est très important que le plan Grand Froid concerne aussi les réfugiés. L’an dernier, des élus socialistes et communistes calaisiens ont bravé l’interdit de l’Etat pour ouvrir un local les nuits  de températures négatives. Nous espérons qu’une solution peut être aussi envisageable à Dunkerque. D’autres actions sont envisageables et nous sommes évidemment favorables à l’idée de rencontres avec les élus et d’autres associations.


                La Communauté Urbaine de Dunkerque ne peut faire l’économie du débat de la présence des réfugiés.


Parce que nous sommes convaincus que les élus de la CUD sont des humanistes attachés aux droits de l’homme.


Au delà des appartenances politiques, il est urgent que le débat s’installe  afin de rendre à ces hommes, par des actions simples, un peu d’humanité, un peu de dignité.   


Veuillez agréer, l’expression de nos sentiments distingués.

 

 

 

 

      MRAP DUNKERQUE        SOS RACISME CALAIS DUNKERQUE

 

Dunkerque , le 8 Décembre 2008.



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